SATV MSP 2000

Pour nos copies de nos cassettes vidéo, nous voulions un TBC meilleur que la WJ-AVE 5 et disposant surtout d’une sortie Sécam pour nos copies ("génial" standard d’exception française destiné à bloquer les importations japonaises). Nous fîmes le choix d’un MSP 1000 de chez Satellite et Télévision (SATV) à Vire (Calvados) afin de soutenir modestement l’industrie électronique française. Coût de l’opération 15.000 Frs.

Nous passâmes commande en juillet 1995 et nous fûmes rapidement livrés. Nous déballâmes et fîmes les premiers essais. Quelle déception, le signal d’entrée se mélangeait allègrement avec le signal de sortie au point que c’en était largement visible sur un moniteur vidéo. Tellement flagrant, que SATV a accepté l’échange sans broncher, les frais de retour restant à notre charge. Le deuxième MSP 1000, fut affecté de la même tare mais d’une manière plus atténué. Nous demandâmes alors la visite du directeur technique de SATV M. Gilbert HULIN afin qu’il constate la médiocrité de ses produits. À notre surprise, SATV nous propose l’échange sans supplément de prix contre un MSP 2000, le retour du second MSP 1000 étant toujours à nos frais. Et vu le poids de la carcasse métallique, ça commençait à chiffrer.

Le MSP 2000 qui nous est envoyé, est lui conforme aux spécifications annoncées mais uniquement avec une image stable d’une caméra en entrée. C’est déjà mieux, mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt. En revanche, en mode "détecteur de Drop Out", lorsqu’un signal vidéo présente une petite imperfection sur la synchronisation, le MSP 2000 gèle l’image en reprenant l’image précédente. Ce qui se traduit par des saccades encore plus désagréables à regarder que les drops out eux-mêmes.

L’usage nous révélera que le TBC MSP 2000 est nettement moins robuste face aux signaux de synchronisation dégradés que la table d’effet Panasonic WJ-AVE 5.

Par contre, on notera la qualité de l’incrustateur de titre intégré et spécialement dédié au Commodore Amiga et au logiciel de titrage Scala 500 (que nous possédions déjà). La disquette fournie Lacetogle qui force la sortie de l’Amiga en 625 lignes est très opportune associé à Scala 500. En sortie, le codeur Sécam est d’excellente qualité.

Bref, nous utilisons l’appareil que dans des circonstances limitées, c’est à dire lorsque l’image vidéo source est d’assez bonne qualité.

Au bout d’un an et demi d’utilisation, l’appareil qui fonctionnait couci couça, ne s’allume plus du tout, c’est la panne totale. La garantie d’un an étant terminée, j’ose briser le scellé de garantie (oh sacrilège - on notera la confiance qu’a SATV envers ses clients !) pour tenter de réparer. J’allais errer de surprise en surprise... Le MSP 2000 sans son capot En examinant les cartes, je constate que les références des composants sont volontairement effacées et remplacées par des références SATV. Histoire que personne d’autre ne puisse y mettre son nez. bonjour la confiance ! Le comble fut atteint en examinant une carte. Elle était bidouillée. C’est à croire qu’ils nous ont refilé un vieux prototype dépoussiéré. Inadmissible pour un appareil de ce prix !

Malgré toutes les peaux de bananes laissées par SATV (marquages des composants stratégiques volontairement effacés), avec méthode, j’arrive à déterminer que la panne provient de la carte alimentation à découpage. Il y a une soudure mal faite sur le connecteur -12 V ça doit être ça la qualité pro oblige. Je ressoude ... ça fonctionne, ouf !

J’en profite pour reprendre certains réglages accessibles en interne notamment la saturation des couleurs et les valeurs des bases de temps horizontales et verticales en entrée qui n’étaient même pas correctement calibrées. Au passage, je découvre par hasard, qu’en rebouclant la sortie PAL composite sur l’entrée PAL composite tout en mélangeant le signal vidéo sur l’entrée Y/C, le MSP 2000 est plus tolérant avec les signaux en entrée. Je ne peux donner aucune explication sans le schéma de principe ! En résumé, cela fait seulement 1 an que nous pouvons faire des copies "potables" avec cet appareil. C’est consternant, vu le prix que nous l’avons payé.

Quoi qu’il en soit, en 1998, SATV continue toujours à commercialiser sa gamme de produits médiocres (on en a quand même essayé 3 et les 3 avaient des défauts, ça donne déjà un bon aperçu). Certains magasins spécialistes de la vidéo amateur ne commercialisent plus les appareils SATV rien d’étonnant en soi. On nous reprendra à vouloir acheter français !

Quelques temps après la publication de cet article, la gérante de SATV est tombé sur notre article. Exposer sur le web sans détour, l’amateurisme des produits d’un fournisseur, ça ne fait pas forcément plaisir à son promoteur. Nous avons reçu en recommandé avec accusé réception une lettre de menaces. Lettre que nous publions ici, puisque nous avons rencontré peu de temps après la gérante au salon SATIS et que nous avions convenu ensemble de publier son écrit au titre du droit de réponse. Au lecteur de faire ensuite de faire la part des choses.

Portfolio

notre MSP 2000 carte du MSP 2000 mofifiée carte modifiée du MSP 2000 détail lettre de SATV 31 octobre 2000